Les TMS sont-ils réservés
au travail répétitif ?
Lorsque l'on parle d'un trouble musculo-squelettique (TMS), l'image
d'une chaîne de montage sur laquelle le travailleur effectue
toujours la même tâche à une cadence d'enfer
nous vient tout de suite en tête. Mais attention, est-ce
vraiment les seules personnes à risque? Évidemment … NON!
En tout premier lieu, ce n'est pas la tâche
répétée qui nous intéresse mais le
geste qui est effectué. Par exemple, un travailleur peut
faire plusieurs tâches différentes au cours d'une
journée comme installer des pièces, enlever des tuyaux,
visser-dévisser, etc. Bien que ces tâches soient toutes
différentes, elles demandent toutes de faire des flexions
et des extensions des poignets, il y a donc un geste répété.
La même région et les mêmes structures sont
alors sollicitées de façon répétée
même si à première vue le travail ne semble
pas répétitif.
Mais
au fait, qu'est-ce qu'un TMS?
Allons voir de plus près!
Une lésion musculo-squelettique est le
résultat d'une surutilisation d'une structure du corps qui
va au-delà de la capacité de récupération
de cette structure. Les premiers symptômes d'une lésion
peuvent être de la douleur dans la région sollicitée,
de l'enflure ou des engourdissements. Au début, les douleurs
sont ressenties seulement lors de certaines tâches et disparaissent
après le travail. À ce stade, les difficultés
sont facilement et entièrement récupérables.
Si les travailleurs de votre entreprise présentent un ou
plusieurs de ces symptômes, il est temps d'agir.
Pourquoi
agir maintenant?
Les TMS sont des accumulations de charges dans
le temps, plus le problème est pris en compte tôt,
plus les symptômes seront faciles à éliminer.
Bien que les TMS engendrent plusieurs coûts comme les frais
d'indemnisation, les soins médicaux, la perte de production
ou l'absentéisme, les conséquences les plus graves
sont subies par les personnes qui développent les lésions.
Mais par où commencer pour régler le problème?
Par
où commencer?
Après avoir établi quels sont les
postes et les situations les plus à risques à partir
de questionnaires ou de relevés sur les accidents survenus,
il faut analyser en profondeur l'activité de travail. L'objectif
premier est de ressortir quels sont les facteurs de risque pouvant
causer un TMS puisqu'un geste répétitif n'est pas
le seul risque potentiel. Il faut tenir compte des facteurs suivants
:
L'effort et la force exercée :
- Soulever des caisses de viande congelée;
- Dévisser des pièces qui sont très serrées
comme une borne fontaine;
- Enlever les viscères collés d'un animal;
- Utiliser un outil mal conçu pour fermer ou ouvrir
une valve.
Les postures contraignantes :
- Faire de la soudure dans un espace restreint en ayant les
bras au-dessus de la tête;
- Utiliser un outil avec le poignet non-aligné avec
l'avant-bras;
Travail musculaire statique :
- Faire du travail de dessin de précision où le
haut du dos et les membres supérieurs ne doivent pas
bouger;
- Faire de la mécanique avec les bras au-dessus de la
tête.
- Assis devant un poste à écran de visualisation.
Pressions mécaniques :
- Avoir le poignet appuyé sur l'arête du bureau
lors du travail au clavier.
Chocs et impacts :
- Placer des pièces en utilisant la paume de la main
comme marteau.
Vibrations :
- Travailler en posture assise dans un véhicule ayant
peu de suspension.
Froid :
- Manipuler des outils à l'extérieur en hiver;
- Être assis près d'un système de ventilation.
Répétition et invariabilité du
travail :
- Alimenter une machine qui fabrique toujours le même
type de produit;
- Travailler sur une chaîne d'assemblage.
Facteurs organisationnels :
Charge de travail
Avoir plus de travail à faire que ce que le temps nous
permet.
Cadence
Lorsque la cadence est imposée par la machine et que le
travailleur n'a pas de contrôle sur la quantité de
travail.
Horaire de travail
- Travail de nuit;
- Temps de pause et de récupération insuffisants.
Des
risques ont été identifiés
La seule présence d'un facteur de risque
ne signifie pas nécessairement qu'il y aura un TMS. La combinaison
des facteurs de risque augmente les possibilités d'avoir
une blessure. Toutefois, le risque de développer une blessure
dépend de l'intensité, la durée et la fréquence
d'exposition au facteur de risque au cours d'une journée
de travail.
Agir
pour prévenir !
L'identification des facteurs de risque permet
alors de trouver des solutions efficaces et personnalisées
au problème. Bien que chaque situation est unique, voici
un exemple de solution apportée aux problèmes de
TMS
.
Des travailleurs doivent placer des planches au fond d'un convoyeur
qui alimente une machine d'assemblage. Comme le convoyeur est profond,
ils doivent adopter une posture contraignante au niveau de l'épaule
pour pousser les planches. Le geste est répété plusieurs
fois par minute. De plus, il se produit un choc lorsque les planches
arrivent au fond du convoyeur. Il faut également tenir compte
du poids des planches.
Les principaux facteurs de risques identifiés
sont :
- Les postures contraignantes;
- L'effort exercé;
- La répétition;
- La cadence;
- Les chocs et impacts.
Des
résultats concrets!
Afin de diminuer la posture contraignante à l'épaule,
il a donc fallu installer un système de blocage au fond
du convoyeur qui a eu pour effet de diminuer la profondeur du convoyeur.
Le travailleur ne doit plus pousser les planches jusqu'au fond.
Bien que la cadence de la machine demeure la même, l'économie
de temps réalisée en allant porter les planches plus
près permet de diminuer l'effort déployé.
De plus comme les travailleurs n'avaient plus à pousser
les planches mais à les déposer, le choc qui se produisait
lorsque la planche arrivait au fond a été éliminé.
Le travailleur a alors la possibilité de mieux régulariser
son travail c'est-à-dire de prévoir du temps pour
les autres tâches ou les imprévus. Comme l'effort
et les sollicitations musculaires sont diminuées, le travail
est plus agréable et il est en meilleure forme lors du retour à la
maison!
Comme vous pouvez le constater, régler
un problème de TMS n'est pas très sorcier mais il
est important qu'on s'y attarde le plus tôt possible. Une
bonne identification des facteurs de risque et une évaluation
de la durée de l'intensité et de la fréquence
d'exposition à ces facteurs permet ensuite de trouver les
solutions les plus appropriées et les plus efficaces qui
apporteront des résultats concrets. |